La spiritualité "Béatitudes" à l’action !

La Communauté et ses amis visitent et distribuent un repas chaud pour les prisonniers de la prison des étrangers. Chaque 15 jours, environ 500 repas sont distribués. Témoignage d’une première fois !
Michael, ami de l’Agneau, accompagne pour la première fois l’équipe de nos visiteurs de prisons qui, chaque 15 jours, préparent, apportent, et distribuent environ 500 repas aux prisonniers (ères) étrangers.
Venant à la prison la première fois, je ne savais pas à quoi m’attendre puisque je n’avais jamais vu une prison de l’intérieur. Ce qui m’a le plus frappé dès le début, c’était la solitude des prisonniers. Malgré leur grand nombre, je voyais chacun comme enfermé dans son petit coin, une prison à l’intérieur de la prison, à l’intérieur de la personne plus que derrière les barreaux. Tous les regards qui se tournaient vers nous parlaient de cette solitude et les yeux baissés de ceux qui ne nous regardaient même pas ne faisaient qu’indiquer une détresse encore plus délaissée. Je n’arrivais pas d’abord à confronter cette immense attente de consolation : avec ma vie bien ordinaire, je ne voyais rien en moi, ni d’expérience ni de maturité, qui aurait pu répondre à cette demande. Machinalement, j’aidais à distribuer la nourriture, faisant tout comme tous les autres. Je n’osai guère affronter les regards qui cherchaient en moi une présence que je ne pouvais pas donner. La distribution de nourriture terminée, on avait un peu de temps pour parler aux prisonniers. Pour un moment, je sentis l’envie de m’en tirer simplement avec le prétexte de ne pas parler assez bien l’arabe. Pourtant je m’approchai des prisonniers et ils commencèrent tout de suite à me parler, simplement, d’égal à égal. Je comprenais tout à coup que leur attente était aussi simple : je n’avais rien de spécifique à faire ou à être, mais j’y étais en tant que personne, en tant qu’homme libre vis-à-vis duquel on peut se sentir libre. Les regards de mes interlocuteurs changeaient visiblement ; pour un moment, la dignité y triomphait sur la solitude et l’humiliation. Je ne pouvais rien faire, je n’y étais pour rien et pourtant ma présence même semblait changer autant. On resta seulement peu de temps ce jour-là. En quittant je voyais de nouveau ces regards solitaires, peut-être désespérés. J’étais soulagé de quitter un lieu qui me dépassait autant, et en même temps j’étais accablé de voir retomber derrière nous cette solitude que, pour un moment, notre présence avait un peu dissipée.
Ecrit par
merci Michael pour ce temoignange !
ca me donne la reponse a’ la question que je me demandais souvent : que puis-je donner aux prisonniers, qu’es-ce que j’ai de plus a’ offrir , qu’es ce que je vais aller faire la’ bas...
Merci Michael
ton temoignage m’encourage
gaby
ahlan w sahlan