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Sur une île…

Le vent se faisait avare. On était 4 pourtant je suis le seul rescapé. Sur l’île, point de murs. Point d’obstacles. Mais le vent se faisait rare.

Le vent se faisait avare. On était 4, pourtant je suis le seul rescapé. Sur l’île, point de murs. Point d’obstacles. Mais le vent se faisait rare.

Perché sur le seul arbre qui nous nourrissait, mon frère était continuellement pris par la charge de nous éplucher des noix. Même quand nous étions rassasiés, il continuait. C’était le seul sens qu’il s’était trouvé sur notre île.

Depuis le naufrage, ma mère a fait le tour de l’île 1000 fois. C’était un îlot. Même pas. Un petit cercle qui émergeait de la mer. Ma mère tournait en rond. Cherchant une échappatoire. Aucune logique ne pouvait lui enlever la certitude qu’il y avait un passage souterrain qui aboutirait à terre ferme, à son pays natal…

Père notait les jours sur le tronc du cocotier. Comme sa vue faiblissait, il enfouissait son visage dans ce tronc et écrivait les jours, les heures, les minutes avec son petit canif. Il en était venu au point de ne plus enlever son visage de ce tronc. On aurait dit qu’il jouait à cache-cache.

Je regardais l’horizon. De temps à autre je ramassais des coquillages. J’essayais de faire passer le temps en attendant. Oui, parce que j’attendais. Et j’étais sûr qu’il allait venir. Ce navire qui allait nous sauver tous. J’étais sûr qu’il allait nous trouver. C’était la promesse qu’on nous avait donnée avant de partir : si jamais vous faites naufrage, nous viendrons à la rescousse. J’y croyais. J’étais le seul à y croire encore. Les autres avaient désespéré depuis longtemps… J’essayais d’en parler avec père, mère, frère… c’était inutile. Pour eux, ce qu’ils ne voyaient pas n’existait pas.

Ce jour-là, je me réveille en sursaut. J’entends sa sirène avant de le voir. Je me retourne vers père, essayant de l’arracher à son tronc. Il était dans une léthargie effrayante. Il ne me voyait plus, ne m’entendait plus et si j’essayais de le déplacer, il grognait et s’accrochait à son tronc. J’interpelle frère. Il me lance une noix. J’essaye de lui expliquer que le navire est là ; il me lance une deuxième noix puis il me tance de son regard et me dit : qu’irais-je faire là-bas de mieux que ce que je maîtrise ici ? Mère ! Mère m’écoutera. Je cours vers elle. Elle est en train de creuser un trou. Je lui raconte la bonne nouvelle. Elle me réprimande : ne crois plus aux chimères et viens m’aider à trouver ce tunnel au lieu de perdre ton temps. Je me défends : mais regarde, le navire, il est là ! Il arrive d’ici peu. Elle me lance un dernier regard apitoyé et continue à creuser.

Le navire s’arrête à quelques mètres de notre île. Il ne peut pas s’approcher plus, de peur de créer des vagues qui risqueraient de nous engloutir. J’essaye une dernière fois de supplier ma famille de nager à ma suite. C’est inutile… Le vent commence à souffler de nouveau. Une brise légère m’accompagne. Je nage et arrive.

On était 4, pourtant je suis le seul rescapé…

« Vous n’aurez pas à y combattre. Tenez-vous là, prenez position, vous verrez le salut que Yahvé vous réserve. Juda et Jérusalem, ne craignez pas, ne vous effrayez pas, partez demain à leur rencontre et Yahvé sera avec vous. » (2 Chroniques 20, 17)

LE SALUT EST ACCORDÉ A TOUT CEUX QUI L’ACCUEILLENT…

MARANATHA

Ecrit par Pascale

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