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Une recette pour les jours difficiles

Petits pas !
Voici une marcheuse du dimanche, qui nous révèle le sens des petits pas dans la foi et aussi des petits actes de chaque jours. Une vraie contemplation pratique.
Une recette pour les jours difficiles

Le premier parcours était une montée. Comme je ne savais pas du tout ce qui m’attendait, je commençais à marcher. On m’avait dit « par petits pas ». J’ai oublié ce truc au départ. J’ai fait de grands pas… enfin, aussi grands que mes petits pieds le permettent. Très vite, j’ai perdu, et le rythme, et le lien avec les autres, mais surtout, ma respiration.

Je me suis rappelée à ce moment là de la phrase « par petits pas » ; j’ai commencé à marcher par petits pas. Ça m’a mis plus à l’aise. Je pouvais respirer plus. Mais le problème des petits pas quand on a de petits pieds, c’est qu’on se réserve définitivement la dernière place. C’est pas joli !

Mais je n’avais pas d’autres choix, si je voulais y arriver moi aussi à cette montagne.

Une montagne ! Je n’avais vraiment aucune idée de la destination, ni du sens de toute cette marche absurde. Je me disais que, puisque toutes ces collines se ressemblent, à quoi bon en grimper plusieurs à la suite ?? Mais je marchais toujours… Je devais contempler le paysage, mais je ne pouvais que me concentrer sur les cailloux où je mettais mes pieds pour ne pas glisser et me casser la nuque. Je devais m’arrêter pour voir la majesté et la beauté de ce qui m’entourait. C’était bon de s’arrêter un peu ; d’un côté j’avais le temps d’apprécier, d’un autre je soufflais un peu. Mais je ne pouvais pas m’attarder éternellement, sinon je raterais la destination. Je recommençais alors à marcher de nouveau…

Une fois le sommet de cette colline atteint, la descente commençait immédiatement. Et là le risque était plus grand, avec un effort inverse à la montée.

Ce n’était pas agréable.

Plusieurs montées et descentes se sont succédées, avec des temps de répit, quand il y avait un brin de parcours droit où je savourais vraiment alors ce lieu austère.

Beaucoup de cailloux, beaucoup de sable qui glisse, pleins de ronces, des lézards peureux, des sauterelles hyperactives, et voila que je vois soudain, dans un buisson aux couleurs ternes, une petite fleur, mais minuscule comme je n’avais jamais vu.

Je m’arrête étonnée ! Mais cette fleur est très belle et elle est minuscule à ce dire qu’elle aurait inspirée l’unité « angström ». Je me baisse pour la voir, et j’ai presque pitié pour elle. Que peut faire cette petite fleur au milieu de ce désert montagneux ?

Je continue à marcher mais la pensée de cette petite fleur si belle ne me quitte plus, et bizarrement, elle me donne une petite force pour continuer. Pentes et montées se succèdent et arrive la dernière montagne ; mes petits pas franchissent ce dernier obstacle, et alors là, mais vraiment, une sensation de libération d’une peur qui me disait, « tu ne vas pas pouvoir le faire » fait éclater la joie joie La joie est une émotion très importante. Elle est faite d’une composante physique (exitation, rire, sourire, détente intérieures,...) psychologique (ouverture, pensées positives, désir...) mais aussi, et c’est là qu’elle se distingue du plaisir ou de la motivation, spirituel. Elle a donc une composante psycho-physique mais s’enracine aussi dans le monde des valeurs, ces choses importantes par dessus tout et qui nous font participer à ce qui est plus grand que nous. en moi, et j’en oublie (presque) pour quelques minutes la fatigue de tout le trajet.

Pour le retour, je choisis la route la plus longue, mais la plus plane, et je marche. Je ne vois plus ma petite fleur, je suis dans la vallée, les montagnes sont dominantes et je ne sais plus où je suis. A raison de plusieurs minutes qui se transforment en heures, le découragement me reprend, et je me dis, « cette fois-ci, tu ne pourras plus continuer. » Je ne savais plus où j’étais et je regrettais de ne pas avoir choisi le chemin le plus difficile, mais le plus court.

Le soleil se couchait, et poser un pas devant l’autre devenait une torture ; je criais « je ne peux plus ! »

A ce moment même, au beau milieu de nulle part, on vient me chercher en voiture. Fin.

Tu chemines dans la foi, sans que tu vois le sommet de ta vie. C’est pleins de difficultés, et parfois, rarement, de temps de répit ou de victoire. Tu es tout petit dans un monde géant. Beau dans un monde aride. Vivant parmi des ronces et des serpents. Tu ne vois pas l’intérêt de ce que tu fais, ni le sens de la répétition de tes gestes quotidiens. Mais quand tu seras au bout du rouleau, Ton Dieu viendra te chercher, et c’est alors que tu comprendras le sens de tout ! Crois en ce Dieu qui t’aime, et marche vers Lui… par petits pas !

Et souviens-toi de ton Créateur (…) avant que s’obscurcissent le soleil et la lumière (…) quand on redoute la montée et qu’on a des frayeurs en chemin. Et l’amandier est en fleur, et la sauterelle est pesante (Ecclésiaste 12, 1-5).

MARANATHA

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