Pélerinage au Liban, une aventure spirituelle.
Sommaire
Newsletter

Dans cet article:
Témoignage : quand les autres nous gênent, rester charitable ... mais comment ?
Accueil du site > Retraite online > Avec Thérèse > Offrir des petits riens.

Offrir des petits riens.
Notre vie quotidienne est souvent émaillée de « petites difficultés » qui ne sont pas graves mais que nous laissons parfois parasiter notre intériorité. Ces toutes petites choses deviennent des montagnes et nous nous noyons dans un verre d’eau ! Comment vivre cela et garder notre paix intérieure, et continuer à avancer vers Dieu... ?
Témoignage : quand les autres nous gênent, rester charitable ... mais comment ?

 Témoignage

Ce genre de témoignages sont par milliers dans tous les monastères du monde car la vie communautaire a bien des avantages et des joies mais reste partout difficile et austère. Le témoignage de Bernard, très proche de Thérèse nous le dit bien.

Faut-il faire taire Béatrice ? Elle est une femme de 40 ans, de fort tempérament, généreuse comme un fleuve. Quand elle sert à table rien ne lui échappe, gare à celui qui n’a pas d’appétit... quand elle prie, on croit entendre les trompettes du temple de Jérusalem le jour du grand pardon... Faut-il la faire taire ? ou bien l’aimer alors qu’elle transforme notre chapelet communautaire en gare dont les trains feraient un concours de sifflets... A vrai dire je ne voulais pas intervenir, me disant que supporter par amour pour la Vierge était plus valeureux, plus saint et moins blessant pour elle. Un jour pourtant je n’y tins plus et lui fis le plus gentiment la remarque, elle comprit très bien et fit un grand effort. Le Seigneur permit alors qu’une autre personne s’ajoute à notre petit chapelet quotidien, qui reprit le flambeau de plus belle encore sur un ton plus élevé, et je le crois vraiment avec une très grande foi. Oui Seigneur, j’ai compris que tu as plus de joie dans un acte de charité que dans une belle pratique.

Qu’est-ce qui est le plus important, que le chapelet se déroule bien, de façon esthétique, parfaite, agréable... ou bien que chacun trouve l’occasion d’aimer l’autre, c’est à dire de se donner. Cet acte de charité a une très grande valeur car il donne la paix. Ce qui, en moi, veut corriger l’autre, se faire remarquer par l’autre, c’est le moi. Haïssable moi car il n’est jamais satisfait, il lui faut toujours avoir raison, toujours plus de vaine gloire, toujours plus de reconnaissance .... Tant que c’est le moi qui dirige ma vie, je ne suis pas en paix car je veux prouver quelque chose aux autres. Et les autres ne sont pas en paix non plus car je veux toujours les redresser. Au fond ce qui repose vraiment c’est de faire la volonté du Père, c’est d’aimer.

 Citation :

"Mère bien-aimée, vous voyez que je suis une très petite âme qui ne peut offrir au bon Dieu que de très petites choses, encore m’arrive-t-il souvent de laisser échapper de ces petits sacrifices qui donnent tant de paix à l’âme, cela ne me décourage pas, je supporte d’avoir un peu moins de paix et je tâche d’être plus vigilante une autre fois." Mc31r


 Point d’attention.

Supporter, c’est une façon d’aimer pour celui qui n’arrive pas à faire plus. C’est l’amour quand on en est à la guerre de tranchée. Il est très important alors que notre offrande soit vraie. Un signe qui ne trompe pas, notre coeur est au large, sans quoi, comme Bernard et comme Thérèse quelquefois, on perd l’occasion d’aimer et d’offrir.

Phase 1 Quelqu’un m’énerve. Je n’ai pas besoin de réfléchir longtemps pour comprendre son défaut, c’est évident. Je peux corriger et rétablir mon droit. Ce n’est pas mal, c’est même très naturel. C’est choisir ce qu’un expert en communication proposerait comme solution : communiquez clairement votre demande à l’autre pour qu’il puisse répondre en connaissance de cause. Cette option reste toujours possible et parfois la seule réaliste (il y a des moments où il ne faut pas jouer les saints car nos nerfs ont des limites et « qui veut faire l’ange fait la bête »).

Phase deux : Celui qui cherche non pas la tranquillité mais la sainteté ne veut pas forcément une vie facile. Il veut rééduquer son coeur à l’amour véritable, c’est-à-dire celui pousse à se donner. Plutôt donc que de corriger la personne il choisit d’endurer, c’est une véritable ascèse, un jeune profond. Ainsi il attaque cette enflure du moi qui voudrait diriger sa vie, pour retrouver lentement la vraie sensibilité des hommes et des femmes de coeur.

Pratiquement : Pour grandir dans cette voie, nous pouvons : Choisir une personne dont les manies, les attitudes, les mots, ... bref dont la façon d’être nous rebute. Nous pouvous choisir de nous raprocher de cette personne. Il faut, ici être à la fois humble et audacieux. En faisant cela, prenons bien conscience de ce qui se passe en nous, il est fort probable que nous ressentirons des choses désagréables, c’est notre enflure du moi qui est mise à l’épreuve. Restons bien là et bénissons Dieu. La paix dont parle Thérèse, nous la ressentirons probablement un peu après, car cet exercice nous replace dans notre vraie vocation qui est de nous donner et non pas de rechercher le bien-être.

Faites le test

Essayez, vous verrez que c’est simple mais ... pas si façile qu’il y paraît.

Un secret : la foi. Jésus voit, il sait, il apprécie...


 Pour aller plus loin...

Aimer en actes et non en paroles. La pratique de la charité ne m’a pas toujours été si douce, je vous le disais à l’instant, ma Mère chérie,.Pour vous le prouver je vais vous raconter certains petits combats qui certainement vous feront sourire. Longtemps à l’oraison du soir je fus placée devant une soeur qui avait une drôle de manie, et je pense beaucoup de lumière, car elle se servait rarement d’un livre. Voici comment je m’en apercevais : aussitôt que cette soeur était arrivée, elle se mettait à faire un étrange petit bruit qui ressemblait à celui qu’on ferait en frottant deux coquillages l’un contre l’autre. Il n’y avait que moi qui m’en apercevais, car j’ai l’oreille extrêmement fine (un peu trop parfois). Vous dire, ma Mère combien ce petit bruit me fatiguait c’est chose impossible : j’avais grande envie de tourner la tête et de regarder la coupable qui, bien sûr, ne s’apercevait pas de son tic, c’était l’unique moyen de l’éclairer : mais au fond du coeur je sentais qu’il valait mieux souffrir cela pour l’amour du bon Dieu et pour ne pas faire de peine à la soeur. Je restais donc tranquille, j’essayais de m’unir au bon Dieu, d’oublier ce petit bruit... tout était inutile, je sentais la sueur qui m’inondait et j’étais obligée de faire simplement une oraison de souffrance, mais tout en souffrant je cherchais le moyen de le faire non pas avec agacement, mais avec joie et paix, au moins dans l’intime de l’âme. Alors je tâchais d’aimer le petit bruit si désagréable au lieu d’essayer de ne pas l’entendre (chose impossible). Je mettais mon attention à le bien écouter comme s’il eut été un ravissant concert et toute mon oraison (qui n’était pas celle de quiétude) se passait à offrir ce concert à Jésus.




> Offir des petits riens. M’enfin, pas fou non ?17 mars 2005, par Hugues r‚pondre au message de Hugues

Cher Père Alexis.

La Sainteté, d’accord, mais pas à n’importe quel prix tout de même ! Bon, moi tu sais bien, je milite pour la Sainteté ordinaire... à t’entendre, la Sainteté n’est qu’un combat personnel ( avec l’aide du Seigneur, ça va de soi ) mais ça peut être aussi un travail d’équipe ! Pourquoi ne pas dire à cette sÅ“ur qui grince des dents Qu’elle dérange sa petite sÅ“ur Thérèse ? Pourquoi ne pas dire à ce grand escogriffe debout devant qu’il y a derière lui une sÅ“ur agenouillée qui aimerait mieux contempler l’Hostie plutôt que son postérieur ! Eux aussi elle et il peuvent faire acte de Charité pourquoi ne pas le dire gentilment ? et qu’une autre personne débarque après pour faire exactement la même chose après ne prouve pas qu’on a eu tort d’informer la première de sa nuisance ! Il faut peut être aussi prévenire cette seconde personne !

Est ce que la sainteté personnelle est plus importante que la cohésion sociale de la communauté ? saint Paul tenait beaucoup à l’ordre dans l’Église ( je sais plus dans quelle Épitre ) Personnellement, si j’étais un incroyant qui débarquait dans une communauté, je serais plus impressionné par une communauté où chacun est fraternellement averti de ses défauts, de ses discordances et lutte de tout son cÅ“ur pour les corriger, par Amour pour ses frères et sÅ“urs ; plutôt que par une communauté où chacun y va gaiment de son petit trublion en toute innocence (dans le meilleur des cas) et où chacun doit rammer pour supporter les multiples défauts de ces trouble fête impénitents que sont tous les frères et sÅ“urs à des degrés divers. Et c’est bon pour l’humilité du frère ou de la sÅ“ur de s’entendre dire qu’il (ou elle) a tel défaut ! Et ça lui fera plaisir quand on lui dira plus tard qu’il (ou elle) s’est amélioré(e) Et c’est surtout ça qu’il ne faut pas omettre de faire : féliciter ! C’est ton travail maintenant que tu es berger ! Le vrai travail personnel, avec Jésus, c’est d’être assez humble pour accepter la correction fraternelle ! Il y aura peut être moins de sainteté, mais plus d’harmonie et ça pourrait être un meilleur témoignage ! non ? Du temps de la petite Thérèse, le témoignage était moins important... presque tout le monde croyait mais maintenant que la Foi se fait plus rare, le témoignage de vie est très important ! Médite là dessus, cher frangin ! Bisous, Hugues.