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Dans cet article:
La communauté des Béatitudes est présente au Liban depuis 1983, dans l’espoir de soutenir les Chrétiens du Liban, alors au plus dur de la guerre. Le Père Samir Khalil Jésuite, nous aide à comprendre le rôle de la présence chrétienne au Moyen-Orient.
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Mission chrétienne au Moyen-Orient.
Cette conférence du Père S.Khalil, nous rappelle que l’Eglise du Moyen-Orient ne doit pas se contenter de se maintenir le mieux possible mais qu’elle est appelée à devenir signe au coeur de l’Orient et de la société musulmane.
Les chrétiens arabes ont- ils encore une place au Moyen-Orient ?

Voici quelques notes à propos de la place des chrétiens au Moyen-Orient. Ce texte représente des notes prises au cours d’une intervention du R.P Samir Khalil. sj. Bien entendu, je reste au plus près de ce que j’ai compris de la conférence mais il est possible que certaines imprécisions et expressions ne soient pas celles du Père S. Khalil. Aussi je recommande à toute personne intéressée par ce sujet de se reporter aux actes du colloque (à paraître).

 Mission des Chrétiens au Moyen Orient.

Pour construire une identité personnelle, pour une personne comme pour une communauté de personnes (l’Eglise parexemple) 3La relation des chrétiens et du monde arabe doit se débarasser des fausses idées.3 il faut absolument se confronter au réel. Sans cela on risque la névrose, voir la psychose, que l’on peut résumer justement par la « coupure du réel ». Pour construir la mission, la pastorale et tout simplement la société de demain, il faut absolument se débarasser des fausses images de nous-mêmes, de Dieu et des autres, ennemis et amis d’hier qui sont aujourd’hui nos plus proches voisins, nos prochains... Thème : La place et la mission des chrétiens dans le Moyen-Orient. Les chemins du dialogue au meilleur de notre passé et dans la confiance de l’avenir, présence et témoignage de chrétiens dans le monde arabe. Donc rôle et mission. 

 1/ Préoccupation : raisons

La situation des chrétiens dans le monde arabe préoccupe la plupart des chrétiens mais aussi un certain nombre de musulmans qui se sentent concernés par l’avenir des chrétiens dans l’Orient. Cela préoccupe aussi nos églises. Une chose est d’être préoccupés, une autre est d’être découragés.  Causes psychologiques : Les raisons d’être découragés sont surtout personnelles, dans nos communautés. Les motifs de notre inquiétude : la démographie, mais aussi ces images inconscientes présentes en nous comme l’affaiblissement des communautés arméniennes, la disparition de l’église en Turquie, en Afrique du Nord... Ignorer le passé ne construit pas mais le vivre émotivement paralyse. Il faut vivre et comprendre avec notre tête. 

 Causes historiques

Dans ce que nous avons vécu dans la région par l’insertion d’un corps étranger : l’état d’Israël, les révolutions 52 en Egypte et 54 en Irak, tous ces changements on eu un 3Les révolutions ont consacré la perte de leadership des chrétiens3 impact fort sur la présence des chrétiens en Orient, par l’exode et la perte des leaderships, comme au Liban durant cette longue guerre intestine. Ce tableau indique un problème mais certainement pas une fatalité. 

 Relire le passé pour ouvrir l’avenir

Face à la démographie faiblissante, faut-il penser que les chrétiens ont de moins en moins de place dans le monde arabe ? En 1992 la lettre des patriarches N°23 disait en substance que la valeur du christianisme n’est pas par son nombre, il faut renverser la chose de quantité à qualité, l’image du sel, de la lumière et du levain de l’évangile nous inspire cela. Tout cela indique une toute petite minorité active et dynamisante. Une pincée de sel donne goût à une marmite de soupe. Face à la situation qui ne peut être changée, l’attitude de fond dépend de nous 3le sel dans la pâte3 uniquement ; comment voyons- nous notre place de chrétiens arabes, quelle vision du royaume avons-nous et comment nous laissons-nous guider par elle. 

 2/ Un regard sur nos Eglises.

2Richesses2

Notre richesse c’est notre patrimoine que tout le monde reconnaît mais que nous ne vivons pas toujours. Diversité tellement riche que l’Occident se ressource en lui (et nous malheureusement si peu). Philosophie, théologie, art... donc un patrimoine riche et varié. Une seconde richesse : pour nous tous historiquement et idéologiquement nous sommes des églises apostolique, nous ne devons rien à Rome ni à constantinople, notre foi c’est la foi de nos 3Richesses culturelles des Eglises Orientales3 Pères et la foi des apôtres. Encore, nos églises ont une tradition très forte, des points de références stables ; c’est d’autant plus vrai que l’on sent qu’en Occident il y a une perte d’identité qui fait que l’on est désorienté. 

2Revers de la médaille2

Ces même richesses ont un revers de la médaille. Le patrimoine peut devenir figé, bloqué. On s’arrête selon tel siècle, à la limite on rejoint certaines tendances islamiques qui arrêtent l’islam en 660, nous avons donc tendance à sacraliser le passé comme une valeur absolue, or c’est une piste qui dessine l’avenir. Notre lecture de notre patrimoine est fondamentale. Nos communautés apostoliques qui sont une force pour nous ont tendance à devenir des communautés culturelles, historiques, mais qui se sont arrêtées à l’époque pré-islamique, la dénomination 3Notre Eglise vit une sacralisation du passé pré-islamique !3 même de nos églises utilise les langues pré-islamique. Cela montre un refus de l’islam. Mais depuis plus de mille ans nous sommes dans un monde qui parle l’arabe. Si je n’assume pas toute mon histoire, et en particulier les 2/3 de l’histoire de mon pays, il faut psychanalyser ce problème. Quand nous disons que nous ne sommes pas arabes que voulons-nous dire ? Parlons-nous d’ethnie, les musulmans libanais dans ce sens précis ne sont pas arabes... Parlons nous de religions, 80 pc des musulmans dans monde ne sont pas arabes... 

 L’arabité

L’arabité c’est une langue, une histoire et un projet commun de société. La conception ottomane, qui traitait avec les groupes et non pas avec les personnes, a eu comme conséquence de créer une mentalité de minorité, "taqafieh", [1]. le Pape Chenouda, courageusement, refuse le terme minoritaire, car on est minoritaire psychiquement, mentalement ; la seule solution acceptable est de nous définir citoyens du monde arabe et croyants chrétiens. Je peux avoir des cultures variées mais je suis arabe d’un pays appartenant à la ligue arabe. Tout ceci suggère une relation de 3On ne peut chercher à survivre seulement ! Notre avenir est dans le témoigage ! 3 convivialité, non pas comment survivre, mais comment témoigner. Il y a opposition, survie-témoignage, victime et acteur, se libérer du passé sans le renier. 

 Une vision prospective de notre rôle et notre mission d’altérité

Du point de vue socio-politique, la communauté arabe reconnaît un rôle culturel d’ouverture ; nous sommes un pôle arabe et autre, ceci doit demeurer.Nous apportons l’altérité dans le monde arabe mais cela implique que nous soyons vraiment arabes sans quoi nous sommes un étranger de 3Les Chrétiens arabes apportent un principe d’altérité très important3 plus.Nous apportons aussi une conscience plus aïgue de la dignité de la femme et de la personne humaine. Au plan politique nous avons une conception civile de l’état, de l’engagement personnel. Au niveau religieux, spécifiquement, nous avons un rôle par rapport à l’islam et la culture arabe : si Dieu nous à placés ici ,dans cette culture, nous avons pour rôle d’évangéliser la culture et l’islam. A part quelques groupes protestants, nous avons laissé tombé l’évangélisation du monde musulman. 

 Une mission par rapport à l’occident

L’Occident nous a souvent aidés à structurer notre foi. Aujourd’hui nous avons un devoir fraternel d’aider nos frères d’Occident dans les relations islamo-chrétiennes, et tout simplement les aider à retrouver l’essentialité et le fait que le christianisme est absolument autre, la singularité du fait "Christ" qui semble un peu dilué dans une sorte de tolérance religieuse à l’occidentale. Nous avons enfin une mission par rapport à l’orient chrétien lui-même , nous avons la tradition à la bouche, mais nous 3Tenir notre place face à l’Occident3 la connaissons peu. Tous les bons livres sont en langues étrangères. Il n’y a nulle part en Orient une faculté d’orient chrétien. Mais aussi pour retrouver toute notre théologie et notre ecclésiologie. Enfin, à l’intérieur de l’orient chrétien, la dimension oecuménique. Chaque Eglise se sent catholique et orthodoxe. Certainement nous sommes beaucoup plus avantagés que d’autres pour engager le dialogue.

 Vocation à être un pont ...

Pour conclure, notre vocation de pont : nous sommes un pont entre le christianisme et l’islam- peut-être aussi le judaïsme- un pont entre l’Orient et l’Occident, un pont entre les diverses traditions. Le pont fait le passage entre deux rives, mais il faut que tout le monde marche dessus, il faut aussi être tendu entre les deux rives, unir, faire le lien, le pont entre toutes sortes de traditions pour faire un retour à la profondeur de l’évangile. Pour faire une patrie commune entre les humains. C’est un peu utopique, c’est un phare qui permet à la barque hésitante de chercher la direction, et de dire qui nous sommes et comment vivre aujourd’hui.

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Notes de l'article

[1] un communautarisme religieux




Car Dieu est avec nous1er novembre 2007, par Bouchra r‚pondre au message de Bouchra

Le peuple de Dieu est formé de personnes de toutes races, origines, langues et milieux.

Je partage avec vous ce chant melkite « Dieu est avec nous » (que peuvent contre nous des hommes ?)

Pour les non-arabophones d’entre vous le texte original (Isaie chapitre 8) est en dessous.

http://priere.over-blog.net/article...