
Qui s’en alarmerait ? A qui il manquerait ? Ce petit doigt du pied qu’on appelle en médicine « quintus », mais qui, plus populairement, est connu sous le surnom de « rikiki », s’il ne faisait pas partie du pied, qui chercherait à l’avoir ?
Franchement tu y prêtes attention toi ? Le matin, avant de quitter ta maison, tu te brosses les dents et tu les regardes bien dans le miroir, puis tu regardes tes cheveux, ton visage, ton corps, tout ! Tu penses à enlever ta chaussure et vérifier si ton rikiki est beau ? S’il est bien dans sa peau ? Tu pourrais n’avoir que quatre, tu te dis, ce serait pareil ! Eh bien non ! Je te l’assure, d’après expérience !
Si jamais, ce rikiki vient à être atteint pour une raison quelconque. Tu saurais qu’il est là pour une raison !
Bon, on connait bien le fameux coup des coins de meubles, là où il va se cogner souvent. Ça fait mal, mais on l’oublie au bout de quelques secondes.
On l’écrase souvent dans nos chaussures, mais on ne fait même pas attention à ça.
Mais, si on fait un faux pas, un seul, un bête faux pas, et qu’on se retrouve avec un os brisé juste sur ce doigt, alors là, c’est autre chose. Déjà qu’on voit notre pied enflé, bleu-noir, c’est moche comme tout. Puis on nous dit après « radio » : c’est rien, c’est le rikiki, 6 semaines de plâtre et ça ira !
Mince ! 6 semaines pour un truc aussi petit ? On a envie de leur dire : vous n’avez pas de la colle forte, c’est tellement petit que ça ira ! On essaye de s’appuyer « normalement » sur ce pied ! Et là on s’aperçoit qu’on a mal comme seul un os brisé peut faire mal ! Un si petit os ! Un rikiki ! Quel nom ridicule, mais quelle présence notoire ! Et les jours nous montrent que ce doigt aide tout le pied pour l’équilibre, pour la marche et que tout notre corps souffre s’il va aussi mal ! De plus, il donne au pied une allure plus jolie s’il est bien !
Et quand notre pied est guéri, on a envie de lui dire merci rikiki. Ta présence est une bénédiction, comme tous les autres organes de mon corps !
Tu te sens le petit dernier dans le corps de l’église ? Vraiment un type qui « ne fait rien » ? Si tu es là à aimer de toutes les cellules de ton corps, dans tes actes et paroles, tu peux à ce moment là être le petit dernier sans qui le corps de l’église flancherait. Je dirai même, si c’est ta place, réjouis-toi, car, plus on est effacé, plus le don de l’amour est oblatif.
Ne regarde pas dans les souliers des autres, sois un bon rikiki !
Car, de même que notre corps en son unité possède plus d’un membre et que ces membres n’ont pas tous la même fonction, ainsi nous, à plusieurs, nous ne formons qu’un seul corps dans le Christ, étant, chacun pour sa part, membres les uns des autres. (Romains 12, 4-5)
MARANATHA
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