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I. LE COMBAT ATTACHE DIRECTEMENT A LA VIE DANS L’ESPRIT.
II. L’ARME PAR EXCELLENCE DE CE COMBAT : LA PAUVRETE
Nous venons de voir que décider de faire un pas en avant dans la Vie dans l’Esprit nous introduit directement dans un combat spécifique. Mais quelle est l’arme adaptée à ce combat ? Est-ce la Charité ? l’Espérance ? ou le Service ?
Aucun des trois, l’unique moyen de nous saisir de la victoire du Seigneur dans ce combat est la Pauvreté en esprit. Se reconnaître pauvre devant Dieu, nous humilier devant Lui. Ces attitudes chassent au loin l’ennemi et toutes nos réactions humaines. En acceptant d’être pauvre et de ne pas posséder toute la connaissance tout de suite, j’entre dans le Royaume des cieux. C’est ce que nous apprend la première Béatitude.
Mt 5, 3 nous dit « Bienheureux les pauvres en esprit, car le Royaume des cieux est à eux ».
Pour exprimer cela, Jésus prend l’image du sarment en Jn 15, 2 : « Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l’enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, pour qu’il porte encore plus de fruit. ». C’est donc le sarment qui porte du fruit, et non pas l’autre, qui est émondé. L’autre est tout simplement jeté pour être brûlé au feu (Jn 15, 6). Mais celui qui a déjà commencé à entrer dans la Vie dans l’Esprit, celui-là est émondé, c’est-à -dire appauvri : le vigneron enlève ce qui semblait être la richesse du sarment pour qu’il porte encore davantage de fruit. Illustrons cela par un témoignage :
Y veut toujours avoir le dernier mot. De plus, Y a de bonnes connaissances et s’exprime facilement. Il prend l’habitude de gagner aisément toutes les discussions et il est prêt à tout pour cela. Même quand il se rend compte qu’il n’a pas raison, il réussit à avoir toujours le « dernier mot ». Expérimentant la Puissance de l’Esprit dans la prière, Y réalise combien la façon dont il agit est fausse et reconnaît que tout simplement il ne peut pas accepter la défaite et combien il fait mal autour de lui. Convaincu par l’Esprit Saint, il décide alors de changer. Il sait qu’être fidèle à l’Esprit c’est accepter la grâce qui lui est proposée à ce moment : laisser le Seigneur changer ce trait de caractère. Il doit pour cela accepter d’être appauvri. Désormais, il va perdre des discussions. Il est plus faible à ses yeux et aux yeux des autres. Mais maintenant, Il vit de l’Esprit de Dieu, et non plus de celui du monde, il goûte une paix qu’il n’avait jamais connue ! Ne craignons pas la pauvreté, le prophète Elie est le plus grand en prodige, il est aussi le plus pauvre !
Fr. Clément de Rome, CdB