L’Eglise est communion ; la spiritualité de communion c’est sa vie interne, sa logique, c’est son être qui naît de la Pentecôte : Des hommes et des femmes qui n’étaient pas extraordinaires- la plus extraordinaire étant la Vierge Marie. Humainement, ils n’étaient pas péparés à leur rôle et c’est à partir d’eux que l’Esprit Saint a donné naissance à l’Eglise.
Le mystère de la Trinité : unité la plus totale, dans la diversité la plus absolue. L’Eglise grandit et à mesure qu’elle grandit elle s’organise, avec des crises parfois, et ces crises ne sont pas mauvaises, elles sont des signes de vie. En cas de crise on réunit les anciens et on prend des décisions pour satisfaire tout le monde . l’Eglise est une communion de personnes mais aussi une commnuion d’Eglise locales (diocèse, paroisse). Dès le début de l’Eglise on a le souci d’être en commnion d’église à église. L’Eglise est une multiplicité et une diversité, ce groupement d’églises vit de cette communion qui existe au sein de la Trinité. Notre Dieu n’est pas un bloc, notre Dieu est une communauté, c’est l’unité la plus totale et la diversité la plus absolue. (Olivier Clément théologien orthodoxe). Chacun est bien lui-même et ils vivent un tel don d’amour l’un à l’autre qu’ils sont parfaitement un. Notre Dieu est trois et un. Unité de communion mais pas de fusion, il y a différenciation, ce qui permet la rencontre, c’est pour cela qu’il y a communion. Il ne peut y avoir de rencontre que dans la différence. Notre Eglise, c’est le monde en voie de transformation. Sauvé de la dispersion et de l’éclatement par l’Esprit Saint qui réunit dans l’amour, l’Esprit Saint sauve et réalise l’unité.
L’unité se fait à partir des différences et non pas malgré elles. Cette unité se fait à partir et à travers les différences : c’est parce que l’on est différent que l’on peut entrer en communion. Dans un couple marié on est bien deux ; plus chacun est lui-même, plus il peut y avoir une communion réelle. Deux personne font une seule chair, cela aussi est une image de l’unité. L’Esprit Saint sauve de la tentation fusionnelle. On trouve dans la Genèse cette tentation : la tour de Babel, il y a une humanité qui veut demeurer un seul bloc et qui refuse différenciation et séparation. Attention, la fusion c’est la mort ; l’Esprit Saint nous sauve de la tentation fusionnelle, pensée parti unique,
L’Esprit Saint, à la Pentecôte, ne donne pas le don de parler une seule langue, mais tout le monde comprend dans sa langue maternelle, ce qui veut dire qu’il respecte et utilise les différences culturelles, de caractère, de visions pastorale... Qu’il y ait des tensions entre les groupements divers, c’est normal et bon, dans la mesure ou cela se résoud dans le dépassement. L’opposition conduit à l’affrontement et conduit au blocage, or l’Esprit Saint qui est à l’origine de ces tensions, parce que à l’origine de la diversité, nous donne de vivre la communion. Cette communion nous est donnée, parce que nous sommes baptisés et donc membres du même corps, un seul être avec la tête, c’est un don, nous sommes uns avec tous les autres membres
Dans la revue tichique, j’ai trouvé aussi un article du Père Congard. (théologien dominicain) ; il rappelle que les Pères d’Orient parlent de divinisation non pas par identité (nous devenons Dieu) mais par communion (je suis associé à la nature Divine en étant en communion avec Lui).
Parce que nous sommes des êtres humains au cÅ“ur blessé, marqués par le péché, nous sommes pris dans deux genres de tensions (la tension est bonne rappelez-vous) : la tension entre l’inspiration, qui porte des personnes, des communautés et l’institution. L’institution, on en a besoin car c’est elle qui permet aux inspirations de durer. Par exemple, Saint François avait cette intuition de vivre l’Evangile sans glose, le mouvement va très vite et devant le développement rapide, l’institution (Rome, par le cardinal Hugolin) s’en mêle.On demande à François de faire une règle, le cardinal en fait des textes juridiques institutionnels
Voilà le premier genre de tension que nous pouvons vivre : tension entre l’inspiration et l’institution. Une autre tension, c’est entre les groupes eux-même. En même temps que les franciscains naissent les dominicains, c’est la réponse de l’Esprit. Francois dit à Dominique : je crois qu’il faut que nous restions différents. Aujourd’hui il y a des communautés nouvelles. Il y a souvent des tensions entre les communautés nouvelles et anciennes ; il y a aussi des tensions entre ces communautés nouvelles et les mouvements d’action catholique et l’on voit d’un mauvais oeil que quelqu’un apporte une autre réponse que celle qui nous fait vivre.
Il y a des tensions entre les groupes nouveaux eux-mêmes, toute une diversité de communautés nouvelles, et dans la mouvance du renouveau, il peut y avoir des tension qui si elles existent doivent déboucher et être dépassées dans un dialogue, pour permettre à chacun d’être une petite pierre dans un édifice plus grand... Accepter d’avoir à coté de soi une petite pierre qui n’a pas la même couleur, ni la même forme parce que tout cela est reflet du visage de Dieu. L’Eglise prend une multitude de visages, personne ne peut être tout le Christ, aucun des visages que nous reflétons n’est à lui seul le visage du Christ, c’est cela l’écclésiologie de communion : rien n’est le Christ mais chacun porte une façon particulière d’être et de donner le Christ ; autant de reflets, on ne peut qu’adorer la présence du Christ dans l’Eglise, notre rassemblement.
Nous aujourd’hui, qui sommes de trois ou quatre groupes, qui avons fait un petit parcours ensemble, depuis un an nous sommes des entités différentes : la communauté des Béatitudes (consacrés hommes et femmes, prêtres et familles dans une vie commune résidentielle) , l’Ange Gardien
Etre en communion, c’est être en lien avec les pasteurs, avec ceux qui ont le service de la communion. Non pas pouvoir mais service, c’est pourquoi il y a autorité ,c’est-à -dire faire grandir les personnes et les groupes, être en lien avec la hiérarchie, avec l’évêque, les évêques et les instances responsables. Il est important d’être tenus au courant de ce qui se passe dans l’Eglise, d’inviter à être à l’écoute de leurs appels, parce que les pasteurs de l’Eglise sont qualifiés pour nous appeler. Il peut y avoir des réticences, des tensions, elles sont à résoudre dans le dialogue, les évêques, pasteurs, responsables, peuvent nous demander des choses qui ne sont pas notre charisme, il faut aussi savoir dire non.
Une attention à l’Eglise locale.
Etre en lien aussi avec ce qui est l’Eglise sur le terrain, c’est là aussi la paroisse, qui regroupe l’Eglise de Mr-tout-le-monde, sans différence d’âge, de catégorie sociale. Une communauté a nécessairement un siège, non seulement dans un diocèse mais aussi dans une paroisse. Quels sont les liens et quelle est la nature des liens. Nous autres, Eau Vive, ne sommes pas une communauté ; le dimanche, chacun des membres est invité à participer à la vie d’une communauté chrétienne locale. Ce serrait dommage que, pour une fête de Pentecôte, la paroisse soit obligée de fonctionner à « sous-régime ». Ces temps que nous prenons entre nous sont nécessaires mais il faut que les moments liturgiques importants soient vécus en paroisse avec l’Eglise locale. J’ai lancé cet appel dès l’an dernier et j’espère qu’il sera entendu dans les années qui viennent. Il y a d’autres occasions, comme la messe Chrismale pour les latins, par exemple : il faut être attentifs à ces occasions de manifester la communion avec l’Eglise institution. Cela veut dire aussi être à l’écoute de l’Eglise. Zenit, l’agence d’infos romaine, par exemple, que nous lisons avec beaucoup d’attention. En résumé, être à l’écoute, prendre des initiatives et accepter parfois de ne pas être compris et parfois aussi persécutés.
Voir l’Eglise de l’intérieur, avoir conscience d’être l’Eglise.
Il faut sans cesse avoir une conversion de notre regard, non pas de l’extérieur, l’Eglises est ceci cela.., mais regarder l’Eglise avec un regard spirituel, non pas « mystico-gélatineux », mais un regard qui discerne toujours dans l’Eglise la présence du Christ. Pour vivre cela, nous avons besoin d’avoir conscience d’être l’Eglise,
Se réjouir des manifestations de l’Esprit chez les autres.
Il est important pour nous de regrader avec joie toutes les manifestations de l’Esprit Saint en dehors de ma propre boutique, (c’est une boutique si l’on pense à partir du groupe, que c’est le meilleur... nous avons besoin de convertir notre regard, pour ne pas parler des petits côtés des autres,
Vers une convivialité nouvelle...
On peut avoir un sentiment d’infériorité, ou de supériorité, ils sont tellement proches l’un de l’autre : il y a une forme d’humilité qui ... fait sentir qu’on se place au-dessus, parfois même inconsciemment on peut sentir qu’on n’a pas besoin d’aller voir chez les autres, que l’on se suffit à soi-même. C’est souvent de la paresse et cela peut aussi nous rendre indifférents... il faut lutter contre cela ; monter en pèlerinage à Jérusalem n’était pas, du temps de Jésus, une chose facile. On chantaitau repos ’oh oui qu’il est bon pour des frères d’habiter ensemble’. C’est là que le Seigneur envoie la bénédiction pour toujours
Attention c’est poétique mais ce n’est pas un pèlerinage en train, en avion ou en car, mais un pélé c’était fatiguant ; un psaume où l’on déguste la fraternité dans l’effort, un temps de fatique. On partait avec les gens de la parenté, on se portait et se supportait, on s’est encouragé, et parfois on s’est échauffé et maintenant on a pris sa douche et posé ses affaires, on prend ce temps de repos, de joie et de détente après l’effort, on fait connaissance ; notre retraite est un pèlerinage, nous avons fait des choses ensemble, 20 kg d’oignons en pleurant c’est une chose, mais après on sent le temps du repos, les coulisses d’un rassemblement comme celui-ci sont importantes, nous vivons là quelque chose ensemble, la communion la plus profonde