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Spiritualité de l’avenir
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La spiritualité de communion
Compte rendu de conférence. Voici les notes prises à la volée sur un portable pendant la conférence du Père Bernard Hamm, au cours de notre retraite spirituelle sur la spiritualité de communion. Ce texte dense intéresse tous les groupes qui veulent rechercher une vraie communion dans l’Eglise et qui, inévitablement, y trouvent de la difficulté. Il peut aussi intéresser tout chrétien désireux de connaître davantage ce qu’est l’Eglise et comment travailler à sa mission.
Spiritualité de l’avenir

L’Eglise est communion ; la spiritualité de communion c’est sa vie interne, sa logique, c’est son être qui naît de la Pentecôte : Des hommes et des femmes qui n’étaient pas extraordinaires- la plus extraordinaire étant la Vierge Marie. Humainement, ils n’étaient pas péparés à leur rôle et c’est à partir d’eux que l’Esprit Saint a donné naissance à l’Eglise.

 L’Eglise est une communion.

Le mystère de la Trinité : unité la plus totale, dans la diversité la plus absolue. L’Eglise grandit et à mesure qu’elle grandit elle s’organise, avec des crises parfois, et ces crises ne sont pas mauvaises, elles sont des signes de vie. En cas de crise on réunit les anciens et on prend des décisions pour satisfaire tout le monde . l’Eglise est une communion de personnes mais aussi une commnuion d’Eglise locales (diocèse, paroisse). Dès le début de l’Eglise on a le souci d’être en commnion d’église à église. L’Eglise est une multiplicité et une diversité, ce groupement d’églises vit de cette communion qui existe au sein de la Trinité. Notre Dieu n’est pas un bloc, notre Dieu est une communauté, c’est l’unité la plus totale et la diversité la plus absolue. (Olivier Clément théologien orthodoxe). Chacun est bien lui-même et ils vivent un tel don d’amour l’un à l’autre qu’ils sont parfaitement un. Notre Dieu est trois et un. Unité de communion mais pas de fusion, il y a différenciation, ce qui permet la rencontre, c’est pour cela qu’il y a communion. Il ne peut y avoir de rencontre que dans la différence. Notre Eglise, c’est le monde en voie de transformation. Sauvé de la dispersion et de l’éclatement par l’Esprit Saint qui réunit dans l’amour, l’Esprit Saint sauve et réalise l’unité.


 Unité dans la différence

L’unité se fait à partir des différences et non pas malgré elles. Cette unité se fait à partir et à travers les différences : c’est parce que l’on est différent que l’on peut entrer en communion. Dans un couple marié on est bien deux ; plus chacun est lui-même, plus il peut y avoir une communion réelle. Deux personne font une seule chair, cela aussi est une image de l’unité. L’Esprit Saint sauve de la tentation fusionnelle. On trouve dans la Genèse cette tentation : la tour de Babel, il y a une humanité qui veut demeurer un seul bloc et qui refuse différenciation et séparation. Attention, la fusion c’est la mort ; l’Esprit Saint nous sauve de la tentation fusionnelle, pensée parti unique,

L’unité trinitaire se fait non dans l’uniformisation, mais dans la mise en communion de réalités différentes.
cité totalitaire, c’est une voie ou l’on existe plus comme personne mais comme un rouage dans un ensemble. La diversité est une richesse de Dieu, c’est ainsi que l’on est à l’image de Dieu. Ne rêvons pas d’une seule langue comme à Babel. L’agent de la différenciation c’est l’Esprit Saint, c’est lui qui fait naître cette diversité étonnante de mouvements, communautés, etc. Une communauté en Chine n’est pas la même chose qu’au Liban, en France... car l’Esprit Saint se sert de la culture. L’Esprit Saint est agent d’unité et de différenciation ; ni l’uniformité ni la répétitivité ne sont l’Å“uvre de l’Esprit.

L’Esprit Saint, à la Pentecôte, ne donne pas le don de parler une seule langue, mais tout le monde comprend dans sa langue maternelle, ce qui veut dire qu’il respecte et utilise les différences culturelles, de caractère, de visions pastorale... Qu’il y ait des tensions entre les groupements divers, c’est normal et bon, dans la mesure ou cela se résoud dans le dépassement. L’opposition conduit à l’affrontement et conduit au blocage, or l’Esprit Saint qui est à l’origine de ces tensions, parce que à l’origine de la diversité, nous donne de vivre la communion. Cette communion nous est donnée, parce que nous sommes baptisés et donc membres du même corps, un seul être avec la tête, c’est un don, nous sommes uns avec tous les autres membres

Il existe des tensions, mais la communion passe par le don que chacun fait de lui-même.
du même corps c’est constitutif de notre être, c’est donné par le baptême et c’est à vivre Il faut laisser ce don s’épanouir dans notre être le plus profond. Nous sommes devenus membres du corps mais nous ne sommes pas le Christ. Et,devenu membres du corps des autres, je ne deviens pas les autres, je reste une personne libre et la communion passe par le don que je fais de moi-même, librement ; cela passe par le don libre de chacun des membres, c’est pourquoi la communion reste toujours à faire , et à réaliser. Et plus je suis une personne, plus profondément je deviens capable de communion.

 La communion est chemin de divinisation

Dans la revue tichique, j’ai trouvé aussi un article du Père Congard. (théologien dominicain) ; il rappelle que les Pères d’Orient parlent de divinisation non pas par identité (nous devenons Dieu) mais par communion (je suis associé à la nature Divine en étant en communion avec Lui).

La divinisation fait que l’homme devient Dieu par la communion que Dieu instaure dans l’Eglise.
Plus l’Esprit nous est intime, plus nous sommes des personnes et plus donc nous vivons la communion. La communion nous fait entrer dans le processus de divinisation ; cette communion s’étend entre nous dans la mesure où nous entrons en communion avec Dieu, ce sont deux dimensions, verticale et horizontale, de la vie chrétienne. L’Esprit Saint est agent de différenciation et d’unité.

 Les tensions avec l’institution.

Parce que nous sommes des êtres humains au cÅ“ur blessé, marqués par le péché, nous sommes pris dans deux genres de tensions (la tension est bonne rappelez-vous) : la tension entre l’inspiration, qui porte des personnes, des communautés et l’institution. L’institution, on en a besoin car c’est elle qui permet aux inspirations de durer. Par exemple, Saint François avait cette intuition de vivre l’Evangile sans glose, le mouvement va très vite et devant le développement rapide, l’institution (Rome, par le cardinal Hugolin) s’en mêle.On demande à François de faire une règle, le cardinal en fait des textes juridiques institutionnels

Exemple de tension à la naissance de l’ordre de saint Francois
et donne une allure à la communauté franciscaine dans laquelle François ne se retrouve pas. Francois meurt un peu à côté, mais on doit à cette mise en forme le fait qu’il y ait encore un charisme franciscain au 20 ème siècle. Voilà une tension qui a réussi. Il existe d’autres exemples, les vaudois : une inspiration excellente mais ils sortent de la communion écclésiale, parce qu’ils ne veulent pas obéir aux évêques...Le mouvement de renouveau actuel rencontre des réticences, la tension est en train de se résoudre.

 Tensions entre les différentes communautés

Voilà le premier genre de tension que nous pouvons vivre : tension entre l’inspiration et l’institution. Une autre tension, c’est entre les groupes eux-même. En même temps que les franciscains naissent les dominicains, c’est la réponse de l’Esprit. Francois dit à Dominique : je crois qu’il faut que nous restions différents. Aujourd’hui il y a des communautés nouvelles. Il y a souvent des tensions entre les communautés nouvelles et anciennes ; il y a aussi des tensions entre ces communautés nouvelles et les mouvements d’action catholique et l’on voit d’un mauvais oeil que quelqu’un apporte une autre réponse que celle qui nous fait vivre.

Il y a des tensions entre les groupes nouveaux eux-mêmes, toute une diversité de communautés nouvelles, et dans la mouvance du renouveau, il peut y avoir des tension qui si elles existent doivent déboucher et être dépassées dans un dialogue, pour permettre à chacun d’être une petite pierre dans un édifice plus grand... Accepter d’avoir à coté de soi une petite pierre qui n’a pas la même couleur, ni la même forme parce que tout cela est reflet du visage de Dieu. L’Eglise prend une multitude de visages, personne ne peut être tout le Christ, aucun des visages que nous reflétons n’est à lui seul le visage du Christ, c’est cela l’écclésiologie de communion : rien n’est le Christ mais chacun porte une façon particulière d’être et de donner le Christ ; autant de reflets, on ne peut qu’adorer la présence du Christ dans l’Eglise, notre rassemblement.

Nous aujourd’hui, qui sommes de trois ou quatre groupes, qui avons fait un petit parcours ensemble, depuis un an nous sommes des entités différentes : la communauté des Béatitudes (consacrés hommes et femmes, prêtres et familles dans une vie commune résidentielle) , l’Ange Gardien

Notre expérience est une expérience de richesse dans la diversisté
(une communauté de frères et soeurs engagés, avec un centre communautaire) , et pour ma part je fais partie d’un groupe de prière où certains font l’expérience de Dieu, on y découvre son chemin et souvent on le quitte pour aller ailleurs ; notre groupe de prière est une plaque tournante, c’est toujours l’occasion de trouver son chemin, non pas nécessairement dans le groupe, mais il y a aussi une aspiration au sein du groupe à devenir plus communautaire. Loin de nous aujourd’hui de faire une sorte de groupe qui mette d’autres à part. Mais si nous vivons cette démarche de communion ce n’est pas pour exclure mais pour demeurer plus que jamais ouverts. Un groupe de prière, une communauté, n’existe pas pour lui-même, comme l’Eglise d’ailleurs, car elle est là pour le monde et le Royaume.

 Communiquer.

Etre en communion, c’est être en lien avec les pasteurs, avec ceux qui ont le service de la communion. Non pas pouvoir mais service, c’est pourquoi il y a autorité ,c’est-à-dire faire grandir les personnes et les groupes, être en lien avec la hiérarchie, avec l’évêque, les évêques et les instances responsables. Il est important d’être tenus au courant de ce qui se passe dans l’Eglise, d’inviter à être à l’écoute de leurs appels, parce que les pasteurs de l’Eglise sont qualifiés pour nous appeler. Il peut y avoir des réticences, des tensions, elles sont à résoudre dans le dialogue, les évêques, pasteurs, responsables, peuvent nous demander des choses qui ne sont pas notre charisme, il faut aussi savoir dire non.

Une attention à l’Eglise locale.

Etre en lien aussi avec ce qui est l’Eglise sur le terrain, c’est là aussi la paroisse, qui regroupe l’Eglise de Mr-tout-le-monde, sans différence d’âge, de catégorie sociale. Une communauté a nécessairement un siège, non seulement dans un diocèse mais aussi dans une paroisse. Quels sont les liens et quelle est la nature des liens. Nous autres, Eau Vive, ne sommes pas une communauté ; le dimanche, chacun des membres est invité à participer à la vie d’une communauté chrétienne locale. Ce serrait dommage que, pour une fête de Pentecôte, la paroisse soit obligée de fonctionner à « sous-régime ». Ces temps que nous prenons entre nous sont nécessaires mais il faut que les moments liturgiques importants soient vécus en paroisse avec l’Eglise locale. J’ai lancé cet appel dès l’an dernier et j’espère qu’il sera entendu dans les années qui viennent. Il y a d’autres occasions, comme la messe Chrismale pour les latins, par exemple : il faut être attentifs à ces occasions de manifester la communion avec l’Eglise institution. Cela veut dire aussi être à l’écoute de l’Eglise. Zenit, l’agence d’infos romaine, par exemple, que nous lisons avec beaucoup d’attention. En résumé, être à l’écoute, prendre des initiatives et accepter parfois de ne pas être compris et parfois aussi persécutés.

Voir l’Eglise de l’intérieur, avoir conscience d’être l’Eglise.

Il faut sans cesse avoir une conversion de notre regard, non pas de l’extérieur, l’Eglises est ceci cela.., mais regarder l’Eglise avec un regard spirituel, non pas « mystico-gélatineux », mais un regard qui discerne toujours dans l’Eglise la présence du Christ. Pour vivre cela, nous avons besoin d’avoir conscience d’être l’Eglise,

Voir les choses et les gens à partir de l’Eglise
c’est-à-dire que nous pensons à partir de l’Eglise et non à partir de nous-mêmes (De même dans que dans ma communauté, je dois penser à partir de la communauté). Il est normal que l’Eglise nous fasse souffrir car on ne peut comprendre totalement les autres ni espérer être compris par tout le monde. Etre fidèle au magistère, non seulement en disant le credo mais dans une obéissance filiale.

Se réjouir des manifestations de l’Esprit chez les autres.

Il est important pour nous de regrader avec joie toutes les manifestations de l’Esprit Saint en dehors de ma propre boutique, (c’est une boutique si l’on pense à partir du groupe, que c’est le meilleur... nous avons besoin de convertir notre regard, pour ne pas parler des petits côtés des autres,

La spiritualité de communion, c’est souvent se réjouir des manifestations de l’Esprit chez les autres, cela nous met dans la joie car c’est le corps du Christ qui est glorifié.
voir chez le autres ce qui vient de l’Esprit et nous en réjouir profondément, sans rien nier de ce qu’il y a d’étroit chez les autres, mais attention à la poutre de notre oeil... Etre ouverts aux rencontres avec les autres, où souffle l’Esprit Saint chez les autres, cela permet de savoir ce qu’il peut faire chez nous. Cela nous fait prendre conscience de ce qu’il fait chez nous, cela agit comme un révélateur, voir ce qu’il y a chez les autres nous permet de voir en quoi nous sommes différents et donc nous découvrons notre identité, nous sommes renvoyés à notre propre charisme et notre propre fidélité à notre appel.

Vers une convivialité nouvelle...

On peut avoir un sentiment d’infériorité, ou de supériorité, ils sont tellement proches l’un de l’autre : il y a une forme d’humilité qui ... fait sentir qu’on se place au-dessus, parfois même inconsciemment on peut sentir qu’on n’a pas besoin d’aller voir chez les autres, que l’on se suffit à soi-même. C’est souvent de la paresse et cela peut aussi nous rendre indifférents... il faut lutter contre cela ; monter en pèlerinage à Jérusalem n’était pas, du temps de Jésus, une chose facile. On chantaitau repos ’oh oui qu’il est bon pour des frères d’habiter ensemble’. C’est là que le Seigneur envoie la bénédiction pour toujours

Attention c’est poétique mais ce n’est pas un pèlerinage en train, en avion ou en car, mais un pélé c’était fatiguant ; un psaume où l’on déguste la fraternité dans l’effort, un temps de fatique. On partait avec les gens de la parenté, on se portait et se supportait, on s’est encouragé, et parfois on s’est échauffé et maintenant on a pris sa douche et posé ses affaires, on prend ce temps de repos, de joie et de détente après l’effort, on fait connaissance ; notre retraite est un pèlerinage, nous avons fait des choses ensemble, 20 kg d’oignons en pleurant c’est une chose, mais après on sent le temps du repos, les coulisses d’un rassemblement comme celui-ci sont importantes, nous vivons là quelque chose ensemble, la communion la plus profonde

On ne peut vivre la communion sans vivre le sacrifice
c’est en faisant vivant quelque chose ensemble et quelque chose de gratuit, : un pélé notre rencontre, c’est gratuit. Ici c’est autre chose que nos retraites habituelles ; on ne peut vivre la communion sans vivre le sacrifice, nous pouvons dans un groupe comme celui-ci ,que l’on ne fasse pas appel à tout ce que l’on aurait pu donner. Les visites entrainent toujours une gêne car on casse la routine, c’est ainsi qu’on construit la communion.



> La spiritualité de communion11 janvier 2004, par Alexis r‚pondre au message de Alexis
La communion et la mission (Jean Paul II)Envoyé par Alexis le 02/06/2002 à 22:01 Le pape a reçu à midi en audience en la salle Clémentine du palais apostolique les participants de la rencontre des supérieurs des Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique engagés dans les missions. Un congrès promu par la congrégation pour l´Evangélisation des peuples. La nouvelle évangélisation réclame la recherche « d´une communion féconde entre instituts missionnaires, évêques et Eglises particulières » et « d´un dialogue constant avec la charité, tant au niveau diocésain que national, avec les unions des supérieurs d´ordres masculins comme féminins, dans le respect des charismes, des rôles et des ministères », insistait Jean-Paul II. « L´esprit de communion, qui naît de se sentir cum Ecclesia, continuait Jean-Paul II, se révèle tout particulièrement dans la collaboration avec le Siège apostolique et les organisations préposées à la Mission, au premier rang desquelles la congrégation pour l´Evangélisation des peuples ». Pour ce qui est des vocations missionnaires, face aux difficultés, le pape invitait à « résister » et à cultiver avant tout une « profonde union à Dieu ». Le pape évoquait en particulier « la tentation du découragement et de la fatigue », et « le danger de la routine ou de l´aridité spirituelle ». Il invitait à résister à ces risques en tirant la vigueur nécessaire au dépassement des obstacles, d’une profonde union à Dieu. Jean-Paul II soulignait la relation toute particulière existant entre mission et vie consacrée. « Depuis des siècles, disait-il, les personnes consacrées ont toujours été à l´avant-garde de l´action missionnaire ad gentes ». Et Jean-Paul II rendait hommage à cette fidélité, en dépit du détachement des familles, de la patrie, des « renonciations » et « sacrifices », y compris jusqu´au martyre : de nombreux missionnaires y laissent la vie chaque année. L´agence de la congrégation pour l´Evangélisation des peuples garde la mémoire de toutes ces vies données (cf. fides.org).