Devenir un homme, ou une femme de prière ne se fait pas sans combat. La prière implique de surmonter le « cinéma intérieur ».
« Marie a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera enlevée » (Luc 10,42) Pas de recette miracle. La vie spirituelle est un combat. On ne devient pas un homme de prière en évitant la lutte et un certain nombre d’obstacles préalables à surmonter.
Nous sommes menacés par la frénésie, l’avidité et l’encombrement. Trop de rendez-vous, de réunions, de sorties, d’affaires à traiter, de spectacles, des lectures hâtives, d’informations de tous ordres. Un flux constant charriant une multitude d’objets hétéroclites. La quantité tue la qualité. Nous sommes
Deux graves inconvénients pour la prière :
Plus d’espace où elle puisse se situer. Regardez Marthe : elle est tellement affairée par les occupations, pourtant nécessaires et louables, qu’elle passe à coté de l’essentiel que Marie ne rate pas. (Luc 10,38)
Impossible de savourer. La prière m’invite à savourer une rencontre. Une rencontre secrète et spirituelle. Il y faut mettre le prix d’une grande attention. Certes l’action avec les autres et pour les autres est une valeur ; mais
─ cela suppose que nous sauvegardions le retrait... « et mon Père qui voit dans le secret te le rendra. (Mt 6,6) » Autrement dit : silence, le bruit et l’agitation à éviter, le jardin secret à élaguer. Croyez-moi, cela vaut quelques coupures dans l’agenda : quand en sacrifiant autre chose, vous y aurez mis quelques heures ou quelques week-ends à passer au monastère des environs ou une matinée de dimanche à lecture de l’Ecriture, alors vous aurez compris de quoi j’essaie de parler ici.
Je connais des amis... et moi-même du reste, qui partent dans le silence, se mettent dans de bonnes conditions pour couper le cinéma intérieur... et c’est la catastrophe ! L’envahissement intérieur redouble : cette angoisse de la maladie, cette blessure d’une amitié qui se dégrade, cette panique devant la mort qui approche, cette tentation lancinante et récurrente, tous ces petits démons qui sont nôtres et que nous canalisons tant bien que mal pendant le temps ordinaire, se précipitent sur nous avec leur arsenal inquiétant dès que nous sommes seuls et en silence pour prier. C’est fatal car la « distraction » qui nous
Cette pesanteur s’additionne à la faiblesse nerveuse et à la paresse humaine. Bien sûr, il faut secouer tout cela pour prétendre prier. Mais calmement et progressivement. Ne nous énervons pas et soyons réalistes, au moins sur deux points :
Cet obstacle-là est à fleur de peau, ou plutôt à fleur de conscience. Le repérer,le démasquer, c’est déjà le vaincre à moitié. Nous avons peur de la prière parce que nous avons peur du risque de la prière. Nous le pressentons, la prière peut parfois nous débusquer de nos conforts douillets et nous lancer sur des routes inconnues, nous inviter à nous engager dans la vie paroissiale, dans tel mouvement qui milite pour la dignité de l’homme, nous inviter à vivre plus pauvrement, à nous réconcilier avec tel membre de notre famille en faisant le premier pas, à éduquer nos enfants avec plus de présence ou plus de rigueur, etc.... Exact, la prière aboutit à de tels résultats. Elle est le prélude de la conversion. Elle inaugure une aventure, car il n’y a pas que les aventures tapageuses des médias : il y a aussi l’aventure du dedans, celle du cÅ“ur. « si Dieu t’appelle mon enfant, Quand Dieu entreprend quelqu’un, quand Dieu entreprend une âme. Travaille une âme, on a beau faire, Il faut se rendre, il faut marcher. On ne peut pas y échapper. On ne peut pas y réchapper. La main de Dieu est lourde. Le travail de Dieu, l’opération secrète de Dieu est un feu qui consume. Comment nos pauvres carcasses y résisteraient-elle ? » Charles Péguy.
Mais dans cette aventure le Seigneur ne veut pas notre peau. Bien au contraire. Il veut notre vie, notre vraie réussite, notre progrès. Son programme est un programme de béatitude et les saints qui l’ont accepté et qui ont entendu la voix de la prière ont été des être de joie...pas toujours dans la pommade ni dans l’huile à la mode : « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » Pas la facilité. Pas la paix tranquille et douceâtre telle que le monde la donne ; mais les hommes de prière ont vécu debout, dans une grande intensité, dans une ferveur qui les valorisaient, et finalement leurs vies ont été pleines de sens. Article écrit par Père Alexis le 08/08/2003 (lu 232 - catégorie : Formation chrétienne) -
chers frères et sœurs.
Juste un mot pour ceux et celles qui luttent dans la Prière et qui se lassent... rassurez vous après un temps d’épreuve, pour nous enraciner dans la fidèlité, quand on a appris à lutter de toutes nos forces, reviennent des temps de grâce et ça redevient facile !
Tant pis, je me risque à donner un petit témoignage personnel : après des mois de lutte dans la Prière, de sécheresse, avec le chapelet comme seule arme, j’ai connu la grâce de recevoir dans mon petit cÅ“ur indigne des flots d’Amour Divin pendant une demi heure chaque jour pendant une dizaine de jours... je ne disais rien, je goûtais en silence l’Amour qui m’était donné en récompense pour mes pauvres efforts et même si maintenant, je trouve ma Prière bien pauvre en comparaison, je comprend que Dieu s’en contente pour le moment.
Rappelez vous le début de votre conversion vous y avez surement reçu des grâces ! alors accrochez vous à l’espoir de renouer avec la grâce ! Il faut souvent accepter que notre prière s’appauvrisse ( Nous ne somes pas tous sainte Thérèse d’Avila ! personellement, je suis plus proche de la petite Thérèse ).
Il faut mener en parallèle un travail de conversion demander la maitrise de soi mais aussi faire l’effort de fermer sa bouche quand nous vient une méchanceté à dire ( même si ça nous semble mérité ! ) prendre sur nous quand il y a un frère ou une sÅ“ur qui se la joue pénible... rendre des services quand ça se présente... prendre du temps pour l’amour du prochain ( comme pour la Prière faire quelques rayures supplémentaires dans l’agenda ! ) Pour moi, le plus difficile c’est de réapprendre à sourire mais Il nous l’a dit : on ne peut pas aimer Dieu sans aimer son prochain !
Bonne nouvelle : on n’est pas obligé de commencer par le moins aimable de nos prochains ! Promis ! comme pour la Prière allons y progressivement et ça ira.
Et si vous peinez dans la Prière, ou l’apprentissage de l’Amour fraternel, pensez à offrire votre peine, vos désillusions votre impatience les incompréhensions dont vous faites l’objet en sacrifice pour le salut du monde ! contrairement à ce que certains croient, ça ne prolonge pas les souffrances ; ça les raccourcirait plutôt car quand le malin voit que vous retournez ses méchancetés contre lui, il vous lache !
Bon courrage à toutes et à tous !