Un fil de fer se tord facilement. On peut lui donner la forme qu’on veut. Il est aussi conducteur de la chaleur, il la capte et peut brûler si on le touche ; de même il est saisi facilement par l’électricité et peut de ce fait électrocuter. Je nous compare à ce fil quand nous laissons des rumeurs s’infiltrer à travers nous. Quand nous devenons instrument de médisance et de calomnie, la plupart du temps sans avoir même vérifié le contenu des racontars. Que ce soit à un niveau personnel ou au niveau de la patrie, nous laissons passer le poison de la haine : l’accusation. Jésus parle du démon en l’appelant « le père du mensonge » (Jn 8 :44) ; Il est « l’accusateur » par excellence (Ap. 12,10).
On raconte que Socrate utilisait 3 passoires avant de transmettre n’importe quelle nouvelle, pour filtrer ses paroles avant de raconter toutes sortes de choses sur les autres :
1- Vérité : As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ? (attention à la réponse piège : je me fie à celui qui me l’a dit, j’ai « confiance » en lui)
2- Bonté : Ce que tu veux m’apprendre, est-ce quelque chose de bien ?
3- Utilité : Est-il utile que tu m’apprennes ce que untel aurait fait ?
Je ne sais pas si cette histoire est vraie. Mais je la trouve bonne et utile...
Soyons honnêtes (avec nous-mêmes au moins) et rappelons-nous le nombre de fois par ... heure (?) où nous avons accepté de mauvaises paroles dites sur les autres, contre les « autres » courants politiques, contre les collègues etc., et combien de fois nous les avons transmis sans en avoir personnellement vérifié le contenu.
Le catéchisme de l’église catholique enseigne et éclaire énormément sur ce sujet, que ce soit sur le mensonge, la calomnie, la médisance, etc. (cf. C.E.C. les offenses à la vérité). J’en retiens ce paragraphe surtout : « Le respect de la réputation des personnes interdit toute attitude et toute parole susceptibles de leur causer un injuste dommage (cf. CIC, can. 220). Se rend coupable :
Tuer n’est pas seulement un acte physique. On peut très bien aussi tuer une personne dans son droit d’être qui elle est, d’exister différemment de nous.
Jésus dit : Quiconque se fâche contre son frère en répondra au tribunal ; mais s’il dit à son frère : Crétin ! Il en répondra au Sanhédrin ; et s’il lui dit : Renégat ! il en répondra dans la géhenne de feu. (Mt. 5, 22)
Ne permettons pas, au nom de nos « partis politiques qui nous veulent du bien » de haïr l’autre et de médire sur ce qu’il « aurait fait ». « Une intention bonne (par exemple : aider le prochain) ne rend ni bon ni juste un comportement en lui-même désordonné (comme le mensonge et la médisance). La fin ne justifie pas les moyens. » (C.E.C. 1753)
Ne soyons pas des fils de fer qu’on tordrait, leur donnant ainsi des formes identiques et non uniques, qu’on utiliserait pour électrocuter ou brûler. Soyons plutôt des pierres : Je me rappelle que la première chose qu’on nous apprenait quand on était petit et qu’on voulait allumer un feu, c’est de l’encercler par des pierres pour qu’il ne se propage pas. Prenons la décision d’encercler la rumeur, la médisance et la calomnie pour qu’elle s’éteigne et ne fasse plus de ravages.
En écoutant les discours politiques, est-ce que nous ressentons un amour pour notre prochain, une paix, une espérance, un élan vers l’autre, de la compassion, un désir d’unité, de dialogue, d’ouverture, etc. ? Si c’est le cas c’est bon ; mais sinon ne serait-ce plutôt pas de la haine, de l’anxiété, de l’accusation, de la division, du désespoir, etc. que ces discours nous communiquent ?
La parole de Dieu tranche : Je prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez, aimant Yahvé ton Dieu, écoutant sa voix, t’attachant à Lui ; car là est ta vie. (Dt. 30, 19-20)
Quitte à nous de choisir qui on veut suivre...
Qu’est-ce que je veux être aujourd’hui : Fer ou Pierre ?
Nous sommes TOUS responsables !!!
MARANATHA.