« Nous avons contemplé, ô Christ, ta sainte Résurrection ! » Nous l’avons chanté souvent et ayant contemplé la sainte Résurrection, nous allons la célébrer maintenant afin de la vivre en vérité. Mais qu’avons-nous contemplé ? « Nous t’avons contemplé, toi, le Fils unique, le Fils de la Vierge, resplendissant de la beauté du Père dans notre humanité mais défiguré, méconnaissable, submergé par la boue de nos péchés, transpercé par nos lâchetés. Nous t’avons contemplé, expirant dans ton grand cri toute la clameur de tous tes pauvres, de tous les temps. Nous t’avons contemplé enveloppé d’un linceul tout blanc et déposé dans un tombeau tout neuf. » « Ton tombeau ! Nous avons prié devant, deux nuits et un long jour afin que notre vieil homme soit encore plus
« Mais pour vivre ta Résurrection, Seigneur, ce tombeau, cet autel, en vérité et à chaque instant, c’est notre cœur. Là, un avec toi, toi en nous, nous en toi, là est vraiment le lieu où tu dissipes la mort et où le Père nous fait naître à lui, nous donne la puissance, la vraie, de devenir enfants de lui. C’est là le beau cri qui ouvre tout le livre du psautier : « Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré. » C’est l’aujourd’hui de la Résurrection et il est de chaque jour pour nous. Oui, c’est dans notre cœur que nous pourrons contempler et vivre ta Résurrection, après l’avoir célébrée sur l’autel. »
Vous connaissez le cri de cette femme trahie et désespérée : « Je ne veux plus vivre, je ne veux plus vivre ! » C’est le cri de l’humanité. Mais voici que de ce tombeau ceux qui se confient qu Père dans le Christ ne cessent de lui chanter : « Je peux enfin vivre car tu es ma vie ! » non pas comme un bonheur que nous allons garder mais comme une vie que nous allons donner.

« Par la foi, Seigneur, nous te contemplons et nous sommes ensevelis avec toi. Par la charité, par l’amour, nous vivrons ! Nous pourrons aimer de ton amour et donner la vie à beaucoup ! Mais entre les deux, il y a la Pâque de l’espérance, ta confiance à toi, le véritable enfant du Père. Et c’est cela la Résurrection ! Oui, Jésus, tu es notre espérance, parce que tu es dès maintenant notre Résurrection. »
Homélie pronnoncée le DIMANCHE DE PAQUES 22 AVRIL 1984 A Beyrouth sous les bombes. Commentaire de Jean 1, 1-17.
Un matin de printemps………
La douce caresse d’un rayond de soleil,
Pénètre au profond du tombeau noirci,
Et réchauffe Le Corps, plongé dans la nuit.
Sous la douceur d’un éclat de lumière,
Par la pluie, la terre mouillée,
Exhale mille parfums oubliés.
Et, le chant du ruisseau libéré,
M’invite à chercher la source,
en moi, murmurée
Alors je contemple de mes yeux agrandis,
Les majestueuses montagnes, en leurs cimes,
Détachées sur le ciel bleu paisible
L’agneau qui gambade au milieu des brebis,
Sur mes lèvres attendries, dessine un sourire.
Et le chant, de l’oiseau sur la branche,
Et le vole de la colombe blanche
Et le rire cristallin de l’enfance,
Et les notes de musique qui s’envolent,
Et les cloches qui à la volée sonnent,
Et l’appel à la vie qui tourbillonne,
Me révèle un peu du mystère,
De la vie qui se donne,
De la vie qui toujours espère.
Et la vie qui d’un coup bouillonne,
Dans le chant des cloches qui résonne,
C’est le printemps, Il est vivant,
Il est vivant c’est le printemps
Alléluia, Alléluia
Déo gracias
Colombe-Marie-Trinité-Espérance