Si on est aimé sur la terre, on l’est plus encore dans les cieux. Dieu renouvelle à chaque instant son appel d’amour et de réconciliation. Sa question est toujours la même : « M’aimes-tu ? » Jésus se tient à la porte et il frappe, il est venu chercher et sauver ce qui a été perdu (Lc 19,10). Jésus ! Mais où le trouver ? Comment le saisir ? Tout commence par un choix : tu peux choisir d’aimer (ou pas) Jésus qui est en toi et en ton prochain ! Tu le trouveras en toi à chaque fois que tu te tourneras vers toi-même et tu lui demanderas de se dévoiler, Lui qui a dit :« Celui qui demande reçoit, celui qui cherche trouve et l’on ouvre la porte à celui qui frappe. » Ton Père qui est dans les Cieux donnera de bonnes choses à ceux qui les lui demandent ! (Mt 7,8-11) Tu le trouveras dans ton travail, dans ces personnes que tu aimes « plus ou moins ». Jésus t’invite à le découvrir dans toutes ces créatures et à aimer ton prochain et ton ennemi car « si vous aimiez seulement ceux qui vous aiment, pourquoi vous attendre à recevoir une récompense de Dieu ? » On a tous besoin d’aimer et d’être aimé ; sainte Thérèse de l’Enfant Jésus a déjà dit : « nulle créature n’est capable d’étancher la soif d’amour qui est en moi » parce que, par nature humaine, on est tous blessé et on a besoin de se sentir aimé et accepté. Mais le seul qui peut nous procurer cet amour gratuit et infini, c’est lui, le Bon Dieu : « Toi seul, Ô Jésus, peux contenter mon âme, car jusqu’à l’infini j’ai besoin d’aimer » (Ste Thérèse de l’Enfant Jésus). Oui, c’est un choix qu’il faut faire, c’est une décision qu’il faut prendre : je veux transmettre cet amour que Dieu a mis en moi. Je veux refléter l’amour miséricordieux de Jésus. Ne vous inquiétez pas (Mt 6,31) et ne craignez pas de porter cette mission. St Jean de la Croix disait : « Celui qui aime ne se fatigue pas et ne fatigue pas les autres ».
Comment accomplir cette mission d’amour ? • Tout d’abord, il faut changer de lunettes pour pouvoir bien voir Jésus qui est en chacun de nous. Regarde au-delà de ce que tu vois, au-delà des apparences, des qualités et des défauts ; rejoins l’autre dans ce qui est le plus lui-même. Traversant la route, Jésus a pu lever son regard parmi la foule et appeler Zachée (Lc 19). Jésus regarda l’homme riche avec amour et lui demanda de distribuer aux pauvres tout ce qu’il possède (Mc 10). Quand Jésus vit la foi de cet homme paralytique, il lui pardonna tous ses péchés (Mc 2). Ce que Jésus veut t’apprendre c’est d’avoir sur celui que tu aimes un regard qui grandit, un regard d’attente, plein d’espérance qui lui permette de découvrir qui il est. C’est permettre à l’autre d’être lui-même en le remettant devant sa liberté. C’est ce qu’il a fait avec la femme adultère que tout le monde accusait et condamnait, sauf Jésus qui l’a libérée des chaînes du péché et qui a mis en elle un nouveau souffle de vie.
• Nous sommes tous invités à écouter dans le silence, au-delà des mots et des circonstances, ce que l’autre porte au plus profond de lui : ses questions, ses attentes, ses plaintes, sa joie joie La joie est une émotion très importante. Elle est faite d’une composante physique (exitation, rire, sourire, détente intérieures,...) psychologique (ouverture, pensées positives, désir...) mais aussi, et c’est là qu’elle se distingue du plaisir ou de la motivation, spirituel. Elle a donc une composante psycho-physique mais s’enracine aussi dans le monde des valeurs, ces choses importantes par dessus tout et qui nous font participer à ce qui est plus grand que nous. , ses besoins ... Mais d’abord, essaie de t’écouter, d’écouter ce que tu portes au plus profond de toi en dépassant tes peurs. Marie était assise aux pieds du Seigneur et écoutait ce qu’il enseignait (Lc 10,39). On a tous à jouer le rôle de Marie et à écouter l’esprit, qui est en nous, qui va nous conduire à être plus attentifs aux membres du corps : nos frères et sœurs dans le Christ.
• Ayant écouté et compris, dans une ouverture d’esprit, le besoin de l’autre, c’est à toi de le bénir, de lui souhaiter le meilleur qu’il puisse espérer et de le remercier d’exister parce que sans lui tu ne serais pas là aujourd’hui . Comme le bon samaritain qui s’approcha de l’homme attaqué, il versa de l’huile et du vin sur ses blessures et les recouvrit de pansements (Lc10,34). L’amour nous pousse à nous effacer devant les besoins de l’autre. Le plus grand amour que quelqu’un puisse montrer, c’est de donner sa vie pour ses amis (Jn 15,13).
La nouvelle loi que Jésus est venu annoncer c’est la loi de l’amour. « Je désire la bonté et non des sacrifices d’animaux » (Mt 12,7). Nous sommes appelés à vivre l’amour fraternel et à partager entre nous l’amour indispensable de Jésus Christ , le Maître d’amour, afin que nous puissions dire avec la Petite Thérèse : « Depuis cet heureux jour, il me semble que l’Amour me pénètre et m’environne, il me semble qu’à chaque instant cet Amour miséricordieux me renouvelle, purifie mon âme, et n’y laisse aucune trace de péché. »
Par Georges Chédid